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Reportage aux Etats-unis: La Route 66

Chicago - Los Angeles. Un parcours mythique à travers l'Amérique profonde

En octobre 1984, la Road 66 disparaissait officiellement des cartes, définitivement supplantée par les autoroutes, après 58 ans de bons et loyaux services. Des décors du roman de Steinbeck "Les Raisins de la colère", du livre de Kerouac ("Sur la route") ou du film "Easy Rider", de Dennis Hopper, qui contribuèrent à faire d'elle un mythe, il ne reste souvent que des ruines ou des "landmarks", soigneusement entretenus par quelques associations de nostalgiques. Muée en "monument historique", toute la route n'a pas survécu à cet abandon: certains tronçons ont été avalés" par les voies express, d'autres se confondent avec le réseau urbain ou se perdent dans un champ.

Au fil des quelque 4.000 kilomètres séparant Chicago de Los Angeles, on passe d'une mégapole à l'autre en traversant l'Amérique profonde, hautement puritaine et souvent obsolète. De champs de maïs en grands pâturages, de cités rurales en villes fantômes et de rouges terres indiennes en déserts, la route se termine face à l'océan, à deux pas des strass d'Hollywood et des luxueuses villas de Beverly Hills. La Route 66 est à l'image des contradictions du pays, de sa diversité, de son immensité. Dans sa longue errance, qui fut celle de milliers de paysans ruinés par la crise des années 30 et auxquels elle donna l'espoir d'un ailleurs plein de promesses, elle est chargée de la nostalgie des fifties qui ont fait la fortune des vendeurs de Corvette ou autres Mustang et connu la multiplication des snack-bars et motels, dont les néons des enseignes se sont depuis longtemps éteints. Reconvertis en patrimoine architectural ou sauvés par la proximité d'une sortie d'autoroute, de nombreux "road cafes" jalonnent le parcours, ajoutant un intérêt tout particulier à ce pèlerinage pour roaders nostalgiques, parfois déprimant et monotone. Mais les rencontres sont souvent à ce point sympathiques, insolites ou délirantes et les paysages si beaux que l'on finit immanquablement par regretter d'arriver ou bout du voyage. Musique country en fond sonore et roadbook -obligatoire- en main,... "Get your kicks on the Road 66"!

QUELQUES FAITS SUR LA ROUTE 66

La Route 66 s'étend sur 2.448 miles (environ 4.000 kilomètres), entre Chicago (Illinois) et Santa Monica (Los Angeles, Californie).

Elle traverse 8 Etats, en changeant 3 fois de fuseau horaire.

Le sens "naturel" et historique de la Route va d'est en ouest.

La vitesse y est limitée à 80 ou 90 km/h en dehors des agglomérations, où elle est réduite à maximum 30 ou 40 km/h.

En 1926, 800 miles seulement étaient "pavés". Il faudra attendre 1938 pour que la route soit cimentée, bétonnée ou macadamisée de bout en bout.

Il est aujourd'hui impossible de suivre le tracé complet de l'ancienne Route 66 : les "Interstates" (autoroutes fédérales traversant deux ou plusieurs Etats) 55, 44, 40, 15, puis 10 ont littéralement «mangé» certains de ses tronçons.

Il faut compter idéalement deux semaines pour suivre la Route 66, de Chicago à Los Angeles, et une vingtaine de jours pour s'autoriser quelques "roadsides" (curiosités à visiter dans les environs de la R66). La Route 66, qui portait officiellement le nom de US Highway 66, fut aussi surnommée "The Mother Road", "The Main Street of America" et "The Will Rogers Highway".

La Route 66 fut aussi le titre d'un feuilleton qui passa sur CBS entre 1960 et 1964.

En 1984, la Route 66 perdit son statut de Highway et fut même carrément rayée des cartes officielles. Elle se confond donc aujourd'hui avec des rues, des boulevards, des avenues, des autoroutes ou des chemins de campagne et change de nom des centaines de fois, tout ou long de son itinéraire.



Mise à jour le Jeudi, 19 Avril 2012 10:46