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Reportage au BRESIL


Brésil: La belle Salvador de Bahia

Difficile de ne pas tomber sous le charme de cette grande ville imprégnée de l’âme et de la culture afro-brésiliennes. Avec ses deux millions et demi d’habitants, elle occupe un site magnifique se partageant entre les falaises sur l’Atlantique, les plages de sable blond et une baie profonde parsemée d’îles tropicales. Ici, plus que dans toute autre cité du Brésil, les descendants des esclaves noirs ont perpétué les traditions et les croyances de leurs ancêtres africains. 80% de la population actuelle sont noirs ou métis. Malgré des conditions de vie souvent précaires, les Bahianais conservent une joie de vivre et un sens de la fête qui s’expriment chaque jour dans les spectacles de rue et culminent lors du carnaval. La plupart des intérêts touristiques se concentrent au Pelourinho, classé au Patrimoine mondial par l’UNESCO. Ce quartier populaire et pittoresque, haut perché sur sa falaise, foisonne de trésors architecturaux hérités des colons portugais et justifie à lui seul une visite à Salvador, pour ses richesses et son ambiance chaleureuse.

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Salvador de Bahia: quelques mots d’histoire

Le navigateur Amerigo Vespucci découvrit cette baie majestueuse le 1er novembre 1501. Il la baptisa Bahia de Todos os Santos (la Baie de Tous les Saints). En 1549, Salvador devint la première capitale du Brésil, lorsque le Gouverneur général Tomé de Sousa y installa une cité fortifiée au sommet de la falaise, face à l’océan, un endroit stratégique pour protéger les intérêts portugais des invasions hollandaises. La localité prospéra rapidement grâce à l’exploitation du bois du Brésil, du coton, du tabac et surtout de la canne à sucre. Le commerce des esclaves noirs fournit la main-d’œuvre aux plantations: ils arrivèrent du Bénin, du Nigeria et d’Angola, entassés dans les cales des navires. De beaux palais et des églises somptueuses furent construits pendant cette période dorée. Les activités culturelles et intellectuelles y fleurirent. Ce dynamisme se poursuivit même après le transfert de la capitale vers Rio, en 1763, et ce ne fut que dans la deuxième moitié du 19e siècle que s’amorça le déclin, accentué ensuite par la crise du sucre et l’abolition de l’esclavage. Dans les années 1970, l’installation d’industries pétrochimiques et agro-alimentaires à la périphérie de la cité lui donna un nouveau souffle et des quartiers de buildings émergèrent dans la ville basse. La vie culturelle et surtout musicale redevint alors l’une des plus riches du pays, de même que le carnaval, considéré comme le plus populaire du Brésil.

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La musique bahianaise

Des artistes célèbres au-delà des frontières, tels Gilberto Gil, Caetano Veloso, Carlinhos Brown, João Gilberto, Maria Bethânia, pour n’en citer que quelques-uns, sont originaires de Bahia. À travers leurs chansons, certains évoquent la ville, ses habitants, ses paysages, ses traditions, sa religion et, surtout, soulignent l’importance de la culture noire dans l’identité brésilienne. S’ils donnent de temps en temps un concert à Salvador, la musique, elle, est omniprésente dans le vieux centre. Pratiquement tous les jours, en fin d’après-midi, les groupes d’enfants et de jeunes du Pelourinho sortent avec leurs tambours et les rues résonnent alors de leurs percussions enivrantes. Les artistes de Bahia puisent leur inspiration dans les rythmes africains, mais aussi dans les rites religieux du candomblé. D’autres ont fusionné la samba et le reggae et plus récemment est apparue l’axé-music. Mais tous mettent l’accent sur leurs racines noires.

La capoeira, danse ou art martial?

Autre symbole de la culture africaine, la capoeira est originaire d’Angola. Cette forme de lutte, défensive et agressive, fut pratiquée par les esclaves depuis la fin du 18e siècle, bien qu’interdite par leurs maîtres qui craignaient qu’elle ne débouche sur des mouvements de révolte. Elle ne fut autorisée qu’après 1932. Le but de la capoeira consiste à faire tomber son adversaire en lui faisant perdre l’équilibre, mais, aujourd’hui, elle «se joue» en un mélange de danse et de combat, dans lequel on ne touche jamais son adversaire. Les mouvements de jambes sont larges, fluides, acrobatiques et rythmés au son des percussions et du berimbau, un instrument à une seule corde, en forme d’arc avec «calebasse de résonance». La capoeira est reconnue depuis 1973 comme sport de compétition. Des groupes de jeunes en font régulièrement des démonstrations à la Praça da Sé et derrière le Mercado Modelo.


LES DIFFERENTS QUARTIERS DE SALVADOR

C’est à l’occasion d’une promenade en bateau que l’on se rend le mieux compte de l’étendue de la cité et de son chapelet de hauts buildings. Pour le voyageur étranger, les principaux pôles d’intérêt sont dans le centre. Au nord s’étirent de longues plages de sable, tandis qu’au sud, s’ouvre la baie de Todos os Santos. Les quartiers historiques sont nichés dans la ville haute, au sommet d’une falaise, 70 mètres au-dessus du niveau de la mer. À ses pieds, la ville basse est occupée par les installations portuaires et des immeubles commerciaux. Un ascenseur logé dans une structure Art déco permet de joindre les deux quartiers en quelques secondes.

Cidade Alta, la ville haute

Autour de la place triangulaire et pentue du Pelourinho s’articule le vieux centre de Salvador bâti sur le plan typique du 16e siècle. Les églises baroques et leurs couvents, ainsi que les sobrados, les maisons de maître colorées des colons, constituent les édifices les plus remarquables. Dès les premières années de la colonisation, les Portugais élevèrent une multitude de sanctuaires aux façades imposantes et à la décoration somptueuse. Pour les bâtir, ils utilisèrent la main-d’œuvre noire et les compétences artistiques des esclaves pour le travail du bois et les ferronneries. Ils importèrent les azulejos, les classiques carreaux de céramique peinte du Portugal, pour recouvrir les murs des cloîtres et des couvents de scènes religieuses ou de la vie quotidienne.

Le Pelourinho concentre la plupart des curiosités culturelles de Salvador et, par conséquent, un grand nombre de touristes. Il est en pleine rénovation, mais c’est aussi un endroit où vit une population très pauvre. Même les maisons les plus délabrées, aux façades noircies par l’humidité, sont habitées, bien qu’elles ressemblent plus à des taudis qu’à des palais. Les demeures joliment rénovées, elles, sont occupées par des boutiques, des restaurants ou des hôtels de charme. La réhabilitation du Pelourinho fut entamée il y a une quinzaine d’années. À cette époque, toute la zone était dans un état de décrépitude lamentable et la population misérable était confrontée au crime et au trafic de drogue. D’énormes investissements ont été réalisés pour assainir l’habitat et la police est omniprésente pour prévenir la délinquance et protéger les touristes qui représentent une grosse source de revenus pour la ville. La misère n’a pas disparu, mais quelques initiatives locales tentent de donner un peu d’espoir aux enfants défavorisés. Vous les verrez défiler en groupe dans les rues jouant du tambour avec talent et un enthousiasme communicatif. Leur musique contribue sans conteste à faire revivre et vibrer ces vieux quartiers. Difficile de ne pas se laisser entraîner par leur rythme envoûtant! Sur le Terreiro de Jesus Le Terreiro de Jesus compte pas moins de 3 édifices religieux. C’est une grande place très animée autour de la fontaine Chafariz do Terreiro symbolisant les quatre fleuves de l’Etat de Bahia.

Le soir, les Bahianas (les femmes, revêtues des magnifiques robes blanches traditionnelles) y installent leurs étals de spécialités culinaires afro-brésiliennes. La cathédrale Basilica da Sé, ancienne église du collège des jésuites, fut érigée au 17e siècle avec le marbre qui servait à lester les bateaux revenant à vide du Portugal. Sa façade baroque est un exemple classique du style colonial portugais, bien que l’édifice ait dû être en grande partie reconstruit à la suite d’un incendie qui l’endommagea gravement au début du 20e siècle. L’intérieur, très vaste, n’est pas le plus charmant de Salvador, malgré son maître-autel en bois couvert d’or, le plafond de la nef centrale et, surtout, la sacristie, avec ses meubles et boiseries en jacaranda et sa galerie de portraits. L’ancien collège des jésuites, lui, accueillit successivement un hôpital et la faculté de médecine. Il abrite désormais le Museu Afro-Brasileiro et ses collections de sculptures sur bois, de poterie et autres artisanats. Une exposition illustre quelques aspects du candomblé au moyen de photos, costumes, parures et objets sacrés.

De l’autre côté de la place, les églises São Pedro dos Clérigos et da Ordem Terceira de São Domingos aux jolies façades rococo ne sont ouvertes au public que pendant les offices, ce qui ne donne guère l’occasion d’aller y admirer leurs beaux plafonds peints. L’exubérante église São Francisco Au fond du Largo do Cruzeiro (aussi appelé Praça Anchieta), dans le prolongement du Terreiro de Jesus, se dressent le couvent et l’église de São Francisco. Cette dernière cache, derrière sa façade baroque du 18e siècle, une richesse à couper le souffle par la profusion et l’exubérance de ses ornementations en or. Sur les murs du fond, les azulejos représentent des scènes de la vie de saint François d’Assise. Des statues d’anges aux visages grimaçants sont parfois interprétées comme une revanche des esclaves forcés de travailler dans les églises, alors qu’il leur était interdit de pratiquer leurs rites. Les parois du cloître et des salles du couvent sont décorées de grandes scènes en azulejos, inspirées, pour la plupart, de la vie au 18e siècle. Certaines illustrent de petites allégories, d’autres le mariage du roi du Portugal avec une princesse autrichienne, dans un décor qui pourrait bien être Lisbonne avant le tremblement de terre de 1755 (ce serait dès lors l’unique témoin de la capitale portugaise à cette époque).

L’église de São Francisco est considérée comme l’un des plus beaux et des plus riches édifices religieux du Brésil. Juste à côté, l’Igreja da Ordem Terceira de São Francisco connut une curieuse histoire. Cette petite église date de 1705 et a une façade toute décorée de sculptures en pierre, phénomène unique au Brésil. Pourtant, pendant un temps indéterminé, elle fut entièrement recouverte de plusieurs couches d’enduit dissimulant ces ornements. Ce n’est qu’en 1932 qu’un ouvrier les découvrit par hasard en forant un trou dans la façade pour passer un câble électrique. Ceci dit, l’intérieur de l’église est bien moins intéressant que celui de sa voisine. L’église des esclaves noirs et autres temples…

Les ruelles pavées qui descendent du Terreiro de Jesus mènent au Largo do Pelourinho, l’ancienne place du pilori où, jusqu’en 1835, on attachait et on fouettait les esclaves. Aujourd’hui, c’est l’endroit le plus pittoresque de la ville, avec sa forme étrange en triangle, ses maisons pastel et sa superbe église couleur pervenche. Nossa Senhora do Rosario dos Pretos fut construite au 18e siècle par les esclaves après leur journée de travail, pour eux-mêmes, puisqu’il leur était interdit de fréquenter les autres églises. Sa façade rococo est surmontée de deux beaux clochers. L’intérieur est harmonieux et décoré de jolies boiseries. A noter: tous les saints sont noirs…

En haut de l’esplanade, le Museu da Cidade abrite les statues grandeur nature des orixas et un mélange hétéroclite de divers objets d’art ou sacrés. À côté, la Casa de Jorge Amado expose des photos, des livres et des objets personnels de l’auteur brésilien. De l’autre côté de la place du Pelourinho, nous remontons la rue jusqu’au Largo do Carmo. Un grand escalier mène à l’Igreja do Santissimo Sacramento do Passo (1737), à l’aspect sinistre tant l’église est noircie par l’humidité. De mémoire d’homme, elle est éternellement fermée pour restauration. L’église Ordem Terceira do Carmo (1636) fut détruite par un incendie et reconstruite en 1828 dans le style néoclassique. L’intérieur fut décoré par Francisco Xavier das Chagas, mieux connu sous le nom de O Cabra (le métis), un esclave qui n’avait aucune formation artistique. Il est aussi l’auteur d’un christ remarquable que l’on peut voir dans une salle à côté du sanctuaire. Le sang de la statue a été obtenu en mélangeant du sang de bœuf, de l’huile de baleine, de la résine de bananier et 2000 petits rubis, pour figurer les gouttes de sang. Le couvent et l’église des Carmes, juste à côté, sont en cours de rénovation. Ils accueilleront un grand hôtel de luxe.

Pousadas de charme

En continuant la Rua do Carmo, on arrive dans un quartier où plusieurs habitations ont été rénovées en pousadas de charme. De la rue, ces maisons à un ou deux étages semblent petites. La réalité est toute différente, particulièrement du côté gauche. Sur la crête de la falaise, face au port, les constructions sont très profondes et possèdent un ou deux étages donnant sur l’océan, sous le niveau du trottoir. La Rua do Carmo débouche sur la Praça de Santo Antônio, où l’on aperçoit le vieux fort portugais de 1703 et l’église Santo Antônio Além do Carmo, qui perdit l’un de ses clochers lors d’une tempête (on y a mis une statue de saint Antoine à la place). A deux pas commence la Praça da Sé, un espace rénové relativement calme, avec fontaine, vendeurs de café ambulants et joueurs de capoeira. Plus loin, la Praça Municipal (ou Praça Tomé de Souza) se distingue par le beau Palacio Rio Branco, fondé en 1549 pour accueillir les bureaux de Tomé de Souza, premier gouverneur général du Brésil. Le bâtiment fut reconstruit en 1919 à la suite d’un incendie. L’esplanade offre un magnifique point de vue sur le port, le Mercado Modelo et la ville basse que l’on peut rejoindre en quelques secondes par l’Elevador Lacerda, l’impressionnant ascenseur Art déco.

De la Praça Municipal à Porto da Barra

La route descend vers le nord jusqu’à Barra, au bord de l’océan, en passant par divers quartiers ne présentant pas grand intérêt touristique. Campo Grande et Vitoria forment un secteur résidentiel assez chic mêlant immeubles modernes et quelques belles demeures historiques. Des musées se sont installés de ce côté, dont le Museu Costa Pinto, qui expose dans une superbe maison la collection privée de Carlos Costa Pinto comprenant des meubles anciens, des peintures, des bijoux, des porcelaines et des objets en ivoire, ainsi que des laques chinoises. Quant au Museu de Arte da Bahia, il offre un aperçu intéressant des artistes brésiliens du 18e au début du 20e siècle. Les minuscules plages de Porto da Barra sont bondées pendant le week-end, mais la promenade le long de l’Avenida Oceânica est assez pittoresque. Il n’est pas rare de voir des jeunes en quête de sensations fortes plonger dans l’océan depuis la digue. Les trois caps rocheux de Barra sont occupés par d’anciens forts. Le plus important est le Forte de Santo Antônio, construit en 1590 à l’endroit précis où Amerigo Vespucci accosta en 1501, là où la baie de Todos os Santos se fond dans l’Atlantique. Le fort abrite le Museu Hidrografico. Dans son enceinte se dresse l’élégant phare Farol da Barra. En remontant vers les banlieues nord de Salvador, les plages sont bien plus belles.

Cidade Baixa, la ville basse

Le Mercado Modelo est installé dans le bâtiment de l’ancienne douane (1861), endommagé par un incendie en 1986. Il fut reconstruit pour accueillir un marché couvert d’artisanat et de souvenirs destinés aux touristes. La fonction première de cet édifice néoclassique était moins sympathique. On y débarquait effectivement les esclaves dans des sous-sols humides, où ils attendaient d’être vendus aux enchères. Le marché est très animé, mais les commerçants sont un peu trop insistants et les prix parfois franchement exagérés. Vous y trouverez des objets en bois exotique, des dentelles de Bahia, des pantalons de capoeira, des hamacs, des bijoux de fantaisie en bois ou en graines d’Amazonie, des instruments de musique traditionnels, mais, à vrai dire, c’est plutôt décevant. Les petits étals en plein air devant le marché couvert sont plus intéressants. À l’arrière, les écoles de capoeira donnent régulièrement des démonstrations, mais pour photographier, il faut payer. Du restaurant à l’étage, on a un point de vue agréable sur le petit port. Au large, dans la sinistre forteresse circulaire du Forte de São Marcelo, construite entre 1650 et 1728, on enfermait les prisonniers politiques.

Guérisons miraculeuses…

Devant le marché s’arrêtent les bus pour le nord de la ville et notamment pour Bonfim, sur la presqu’île d’Itapagipe, où se dresse Nosso Senhor de Bonfim, l’église la plus populaire de Salvador, élevée en l’honneur du saint patron de Bahia. Il s’agit, bien sûr, d’un sanctuaire catholique, mais avec de fortes connotations «candomblé». Jésus-Christ est, en effet, associé à Oxala, la plus haute divinité parmi les orixas. Le vendredi est le jour d’Oxala et des offices lui sont consacrés toutes les heures, de 6h du matin à 18h. La messe de 6h, le premier vendredi du mois est la plus importante. Elle attire une foule de fidèles habillés de blanc. La Sala dos Milagres, la salle des miracles, à droite du chœur, comprend une étonnante collection d’ex-voto en cire représentant les parties du corps des malades. L’église est réputée pour ses guérisons miraculeuses, ce qui explique sans doute son succès populaire. Le soir, sa façade est éclairée par des guirlandes lumineuses qui la signalent de loin. Sur la place, on vend des fitas, des petits rubans de couleur porte-bonheur. On les noue au poignet et, à chacun des 3 nœuds, il faut faire un vœu qui se réalisera lorsque le ruban usé se rompra. Vers l’Epiphanie, Nosso Senhor de Bonfim accueille la plus grande fête religieuse de Bahia. En sortant de l’église, il suffit de grimper la route menant au sommet de la colline pour profiter d’une vue magnifique sur toute la cité de Salvador.

Quelques jours à la plage…

ILHA ITAPARICA

Les excursions proposant d’explorer la baie de Tous les Saints partent du petit port installé derrière le Mercado Modelo. Parmi une cinquantaine d’îles tropicales, la plus grande (29 km de long sur 12 de large) et la plus facile d’accès est Itaparica, de l’autre côté de la baie. Dès que le bateau s’éloigne, la vue panoramique sur Salvador est fantastique, alignant sur différents niveaux les installations portuaires, les buildings modernes, les maisonnettes, qui semblent s’imbriquer dans le moindre espace libre, et les vieux clochers qui pointent au sommet de la falaise. La traversée dure environ 40 minutes et peut être assez mouvementée. On débarque à Mar Grande, un village assez agréable, mais où le bord de mer n’est vraiment pas génial. Mieux vaut remonter vers le nord, ce qui permet de traverser de jolis paysages champêtres très verdoyants, avant de rejoindre la vaste plage de sable blanc de Ponta de Areia. L’eau y est claire et calme et, en dehors de la haute saison touristique, on ne s’y bouscule pas. Itaparica est l’une des destinations de week-end favorites des habitants de Salvador et quelques veinards y possèdent une résidence secondaire. L’arrivée dans la capitale de l’île, qui porte également le nom d’Itaparica, est assez surprenante. La grande place du village rappelle celles des vieux westerns, endormies, écrasées de soleil, avec, pour seules rumeurs, les conversations des clients des bars. Mais la localité est charmante, arborée et fleurie, dotée de vieilles demeures coloniales et d’une fontaine d’eau minérale, Fonte da Bica (1842). À l’extrémité nord de l’île, le Forte de São Lourenço (1711) fut construit par les envahisseurs hollandais. (Bon à savoir: on peut louer un vélo, excellent moyen de visiter Itaparica).

PRAIA DO FORTE : SABLE FIN, TORTUES ET COCOTIERS…

Les plages au nord de Salvador sont les plus belles. Praia do Forte, par exemple, à 80 km, est une petite station balnéaire particulièrement charmante. Son nom vient du fort construit en 1556 par Garcia D’Avila pour la prémunir contre les invasions étrangères. Ce colon s’était vu attribuer par le roi du Portugal un immense territoire sur lequel il installa la première ferme du Brésil, importa du bétail, planta des cocotiers et des manguiers après avoir défriché une vaste étendue de forêt vierge. Les ruines de son château sont encore visibles sur un promontoire, à courte distance de la plage. Il y a quelques années, Praia do Forte était un village de pêcheurs bien tranquille, assez charmant et entièrement piétonnier. Il s’est développé dans une optique écologique et est situé en bordure de la réserve naturelle Sapiringa, réputée pour sa faune ornithologique. L’allée principale, très fleurie et arborée, est bordée de restaurants et de jolies boutiques. Elle débouche sur l’adorable église São Francisco, toute blanche, au bord de l’océan. Une quantité de pousadas hébergent les touristes, les grands complexes hôteliers étant heureusement absents du paysage. Le fort existe toujours, mais vit en parallèle avec la localité.

La plage de sable fin et son cordon de cocotiers se prolongent sur des dizaines de kilomètres, de plus en plus sauvages au fur et à mesure que l’on s’éloigne du village. Les habitants sont fiers des «piscines naturelles» de Papa-Gente, à une dizaine de minutes du phare. Il s’agit de bassins au fond sablonneux abrités par des coraux et des rochers qui affleurent à marée basse, ce qui permet alors d’observer les poissons multicolores et autres formes de vie marine. La mer y est limpide et calme, alors qu’un peu plus loin, de gros rouleaux font le bonheur des surfeurs. L’autre attraction de Praia do Forte, le Projeto Tamar, au pied du phare, a pour vocation la protection des tortues de mer qui viennent pondre sur le littoral brésilien après un voyage épuisant. Différentes espèces de tortues (certaines peuvent atteindre 2 mètres) et autres créatures marines étonnantes évoluent dans une dizaine de bassins. À la saison de la ponte, de septembre à mars, on peut observer les couveuses. Dès l’éclosion des œufs, les bébés sont mis à la mer. Le musée propose aussi une vidéo informative sur le projet qui comprend une vingtaine de centres similaires le long des côtes du pays. De juillet à octobre, les baleines fréquentent les eaux au large de Praia do Forte. Les agences locales organisent des sorties en mer pour aller les observer.

Hors des sentiers battus de Salavdor de Bahia…

Au 16e siècle, l’arrière-pays de Salvador, le Recôncavo, était la principale région pour les cultures de la canne à sucre et du tabac. Les 120 km qui séparent Salvador de Cachoeira traversent des paysages vallonnés, champêtres et très verts. La route passe par le village assez tristounet de Santo Amaro, d’où sont originaires la chanteuse Maria Bethânia et son frère Caetano Veloso, musicien attitré des films d’Almodovar.

CACHOEIRA ET SAO FELIX

Face à face, ces deux gros villages pittoresques mais un peu décrépits, séparés par le Rio Paraguaçu, sont un havre de paix, à 120 kilomètres de Salvador. L’origine de Cachoeira est assez bizarre. On l’attribue au seul rescapé d’un naufrage qui eut lieu en 1510 près de Salvador. Diego Alvares fut sauvé par des Indiens, avec lesquels il vécut de longues années. Il épousa la fille d’un puissant chef Tupinamba, mais leurs deux fils exterminèrent les indigènes, puis fondèrent Cachoeira en y organisant la première exploitation de canne à sucre. Dans les siècles qui suivirent, le tabac de la région acquit une renommée internationale et la localité joua un rôle important dans l’indépendance du Brésil. Une promenade en soirée le long du fleuve justifie à elle seule l’excursion: les lumières de la cité et de sa voisine, São Felix, se reflétant dans l’eau sont un spectacle plein de poésie. Cachoeira possède quelques beaux vestiges de la période coloniale et des travaux de rénovation sont en cours. Comme d’habitude au Brésil, les églises sont nombreuses et belles. La principale, Igreja Matriz NS do Rosario, dispose des plus grandes fresques d’azulejos du pays. Sur 5 mètres de hauteur, elles illustrent des scènes de l’Evangile. Les rues Ana Nery et Benjamin Constant ont conservé une jolie série de maisons anciennes aux façades pastel datant des 18e et 19e siècles. Quelques petits musées reflètent le passé culturel du bourg: le Museu Hansen Bahia expose les gravures et les peintures de cet artiste allemand qui s’installa dans le Recôncavo dans les années 50. Ses sujets dévoilent surtout la souffrance de l’homme incarnée par le Christ et des prostituées.

Le Museu da Boa Morte, lui, est consacré aux femmes noires, qui, une fois libérées, luttèrent pour faire sortir d’autres femmes de l’esclavage et les aidèrent à entrer dans le monde libre tout en préservant leurs traditions africaines. Quelques dizaines de femmes perpétuent la Société des Sœurs da Boa Morte (de la bonne mort) et, aux environs du 15 août, elles organisent des cérémonies en l’honneur de Notre-Dame da Boa Morte, associée à Iya, l’esprit des morts. Tout commence par une procession au cours de laquelle la statue est promenée dans les rues. Les festivités religieuses durent plusieurs jours et sont suivies d’une fête où les sœurs dansent la Samba de Roda dans leurs magnifiques robes colorées. Un vieux pont de fer enjambe le fleuve pour joindre Cachoeira à São Felix. Le traverser est une expérience amusante à condition de ne pas avoir peur du vide. Mieux vaut bien regarder où l’on pose les pieds, car les vieilles planches sont souvent branlantes. La principale curiosité de São Felix est l’usine de cigares Dannemann, où l’on peut observer les ouvrières vêtues de blanc rouler les charutos à la main. Les cigares Dannemann y sont fabriqués depuis 1873 et jouissent d’une réputation internationale auprès des amateurs. L’intérieur du bâtiment est joliment arrangé et expose des photos et d’anciens outils. Il accueille également des expositions d’art contemporain. Retour, ensuite, à Salvador de Bahia, à moins de préférer profiter un peu plus longtemps des plages exotiques des environs, avant de s’envoler, peut-être, vers l’Amazone, Rio ou une autre région de ce gigantesque pays…

LE CANDOMBLE, LE VAUDOU BRESILIEN

Syncrétisme religieux mélangeant les rites des ancêtres africains, les croyances de la population indienne autochtone et le christianisme des colonisateurs portugais, le candomblé fut longtemps interdit par le pouvoir et par l’église, bien qu’il continuât à être pratiqué en cachette, même après l’abolition de l’esclavage en 1888. Il est aujourd’hui reconnu et même protégé par le gouvernement brésilien. À l’époque de la traite des Noirs, pour se donner bonne conscience, l’église catholique baptisait les esclaves africains à leur arrivée dans le Nouveau Monde afin d’assurer le salut de leur âme. Obligés d’adopter le christianisme de leurs maîtres, ils conservèrent toutefois secrètement leurs croyances et leurs rites sacrificiels. Dans le candomblé, les fidèles vénèrent les orixas (prononcez ‘orisha’), les dieux du panthéon africain. Afin de les dissimuler aux yeux de l’Eglise, ils les associèrent aux saints catholiques. Oxala, orixa de la création et fruit du dieu suprême Olorum, devint Jésus-Christ. Lemanja, orixa de la fertilité et de la mer s’apparenta à Notre-Dame de l’Immaculée Conception. Oxossi, dieu de la chasse est associé à saint Sébastien. Ogum, dieu de la guerre, correspond à saint Georges, etc. Les orixas représentent les forces qui contrôlent la nature, comme l’eau, le vent, la foudre, les forêts…

Chacun d’eux est associé à une couleur, un vêtement, une offrande (en général un fruit) et leur fête correspond à celle du saint auquel ils sont associés. Les cérémonies se déroulent dans des temples appelés terreiros (il y en a des milliers à Salvador pour «seulement» 300 églises catholiques). Le rituel commence le matin par le sacrifice d’un animal auquel seuls les initiés peuvent assister. Des offrandes sont disposées pour Exu, le messager entre les orixas et les hommes. Le soir, les fidèles se rassemblent dans le terreiro, tandis que des femmes vêtues de robes somptueuses entament, au son des tambours, des chants lancinants et des danses aux mouvements lents et répétitifs, pour appeler Exu et faire descendre les orixas sur terre. Au fil des heures, la ferveur s’intensifie et les orixas se manifestent chez les danseuses qui entrent peu à peu en transe. Les étrangers sont autorisés à assister aux cérémonies de candomblé. Il leur est demandé de porter des vêtements clairs (le noir appellerait le diable), de se placer aux endroits désignés (hommes et femmes séparés), de ne pas enregistrer ni de prendre de photos. L’Office de Tourisme du Pelourinho dispose des dates et des lieux où se déroulent les candomblés et, la veille d’une cérémonie, les étrangers sont accostés par diverses personnes qui se proposent de les y emmener. Sachez que, même si vous vous y retrouvez avec une cinquantaine de touristes, la cérémonie sera authentique et durera de très, très longues heures, ce qui peut paraître fastidieux si l’on est uniquement spectateur. À vous de voir, donc…

Salvador de Bahia: INFOS PRATIQUES

Se déplacer

Les Brésiliens sont très indisciplinés au volant, louer une voiture n’est donc pas sans risques. Tout le Brésil est très bien desservi par les bus, dont les horaires sont en général assez fiables. Les distances sont cependant très longues. Il peut être avantageux d’acheter un Pass aérien. Par exemple: un pass de 4 vols, quelle que soit la distance, revient à ± 400€. On ne peut pas l’acheter sur place ou, mieux encore, en Belgique, en même temps que le billet international. Il faut fixer les dates à l’avance, toute modification ultérieure entraînant des frais.

Quand y aller ?

On peut voyager toute l’année à Salvador. De décembre à mars, c’est l’été et il peut faire assez lourd. Il peut aussi pleuvoir toute l’année, mais c’est d’avril à début août que les pluies sont les plus abondantes, tout en réservant pas mal de moments ensoleillés. La haute saison touristique va de décembre à fin février. Les prix augmentent et, à certains endroits, il peut être difficile de trouver à se loger, surtout pendant le carnaval.

Santé

Le traitement préventif contre le paludisme n’est nécessaire que si vous vous rendez en Amazonie ou dans la forêt vierge. Sur les côtes, il n’y a aucun danger. L’eau du robinet n’est pas potable, on vend partout des bouteilles d’eau minérale.

Où loger ?

À Salvador

Pour être au cœur de l’action, il faut loger dans la vieille ville. Si les hôtels du Pelourinho ne sont en général pas géniaux, un peu plus loin, dans le quartier du Carmo et de Santo Antonio, les petites pousadas de charme abondent. Ce sont de vieilles demeures rénovées avec beaucoup de caractère.

Pousada Villa Carmo: une maison arrangée avec bon goût par un couple italo-brésilien. Certaines chambres ont une vue plongeante sur le port. La double: ± 200 R, petit déjeuner compris. Rua do Carmo, 58, Centro Historico. www.pousadavillacarmo.com.br

Pousada Beija Flôr: très mignonne aussi, un peu moins chère que la précédente. Rua Direita de Santo Antônio, 259. www.beijaflorpousada.com.br.

Pousada das Flores: ma préférée, avec sa façade couverte de bougainvillées, ses terrasses et ses vieux parquets. La double: àpd 180 R. Rua Direita do Santo Antônio, 442. www.pflores.com.br

Pousada Colonial: superbe palais colonial, comme son nom l’indique. La double: àpd 160 R. Rua Direita do Santo Antônio, 368. www.colonialpousada.com

À Ponta de Areia

Pousada Canto da Praia: un peu à l’écart du village, sur la plage. Jolies chambres confortables avec terrasse, certaines avec vue sur mer. Restaurant au jardin, le midi uniquement. Prix: la double avec air conditionné: ± 120 R. www.pousadadacantodapraia.com.br

À Praia do Forte

Nombreuses pousadas réparties dans le village touristique. Deux suggestions parmi d’autres:

Pousada dos Artistas: une adresse de charme avec de très jolies chambres autour d’un jardin tropical. Prix très variables selon la saison, àpd 120 R la double, avec petit déjeuner. www.pousadadosartistas.tur.br

Pousada Ogum Marinho: voisine de la précedente, à 100 mètres de la plage. Belles chambres confortables Prix en basse saison àpd 150 R la double avec petit déjeuner. www.ogummarinho.com.br

À Cachoeira

Pousada do Convento do Carmo: l’ancien couvent de l’église de l’Ordem Terceira do Carmo date du 18e siècle, mais a été transformé il y a une vingtaine d’années en hôtel. Les chambres, un peu austères, sont agencées autour d’un agréable cloître. Le restaurant y est installé sous les arcades. L’endroit a beaucoup de charme! Rua Inocencia Bonaventura, juste après la Praça Aclamação. Tél/fax: 75 3425 1716.

Money, money…

Le plus intéressant est d’utiliser une carte de crédit. On peut retirer de l’argent aux distributeurs automatiques dans toutes les grandes villes et les aéroports. Certaines banques changent les euros. Le Real est la devise brésilienne. 1 Real = 0,37€. Le cours est assez fluctuant.

Sécurité

Évitez de vous promener dans certains quartiers des grandes villes, surtout le soir. Écoutez les Brésiliens s’ils vous disent de ne pas aller à certains endroits. Il existe d’énormes différences entre les riches et les très pauvres et, parfois, ceux-ci n’ont pas grand-chose à perdre. Le vol est donc une grande tentation et la mendicité est bien présente. Avec un minimum de prudence, le touriste ne risque cependant rien. Dans le centre historique de Salvador, la police est présente à tous les coins de rue, ce quartier ne présente donc aucun danger pour les touristes.

Téléphoner

Le téléphone pour l’étranger est cher, mais fonctionne assez bien. Il existe des cartes internationales pour les cabines téléphoniques.

Pour appeler au Brésil de Belgique, formez le 00-55- suivi de l’index de la zone et du numéro de votre correspondant.

Pour appeler la Belgique du Brésil, formez le 00-32 suivi du numéro.

Langue

Les Brésiliens sont très accueillants, mais ne parlent en général ni le français ni l’anglais, même dans les lieux touristiques. Il est donc parfois difficile de communiquer. C’est dommage. Apprenez donc quelques mots de portugais…

Formalités

Vous devez être muni d’un passeport valable encore six mois après votre retour. On pourrait vous demander un certificat de vaccination contre la fièvre jaune.

Mise à jour le Vendredi, 11 Février 2011 15:54