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Voir les autres idées de week-ends et séjours insolites Baie de Somme: l'Abbaye de Valloires![]() Une abbaye reconvertie en hôtellerie...
A moins de 1h30 de nos frontières, l’Abbaye de Valloires offre un cadre unique et élégant à un week-end au vert, mais à deux pas de la mer. Nuit passée dans la suite confortable d’un abbé ou dans l’ancienne chambre d’un convers, petit déjeuner dans la salle capitulaire, balade dans les immenses jardins thématiques et visite insolite de l’unique abbaye cistercienne complète de France, tel est le programme de cette escapade de charme dans la magnifique région de la Baie de Somme. L’abbaye…Bâtie au 12e siècle dans la vallée d’Authie par l’ordre de Citeaux, l’Abbaye de Valloires connut une grande prospérité, avant d’être presque totalement détruite durant les guerres de Cent, puis de Trente ans et divers incendies. Il fallut attendre le 18e siècle pour que l’évêque d’Amiens fasse reconstruire le complexe, dans un style totalement différent qui lui donne de réelles allures de château, décoré par un sculpteur autrichien, von Pfaffennhofen, dit Pfaff, dont ce fut le chef-d’œuvre. Mais, comme ailleurs, les moines furent chassés de leur abbaye après la Révolution française et le domaine vendu. Il échappa heureusement aux saccages de la Terreur et finit par être cédé, en 1817, à la confrérie laïque des Basiliens, puis, en 1880, à la Société de Saint-Paul, avant d’être finalement remis en vente et abandonné. Bien que classé Monument historique au début du 20e siècle, l’édifice était dans un piteux état lorsqu’une certaine Mademoiselle Papillon, infirmière de la croix Rouge, découvrit la bâtisse et en tomba amoureuse. Elle acquit la propriété en 1922 et y installa un preventorium pour enfants pré-tuberculeux, en réhabilitant respectueusement le patrimoine. Aujourd’hui, l’abbaye appartient toujours à l’Association de Valloires fondée par Mlle Papillon et continue à faire œuvre sociale en accueillant pour des séjours temporaires des enfants défavorisés. En réalité, seule une partie des bâtiments est destinée à cette fonction. Le corps central, ordonné autour d’un cloître, est réservé aux visites, mais surtout à « l’hostellerie » et a été donc aménagé sans trop modifier l’agencement des pièces telles qu’elles étaient à la fin du 18e siècle. On peut ainsi choisir de loger dans l’une des suites du premier étage, face aux superbes jardins, ou opter pour les chambres plus quasi inchangé depuis l’époque. Hormis le beau colombier rond, qui remonte au 16e siècle, toutes les constructions qui entourent la cour datent du 18e siècle. La présence d’un colombier est rare dans une abbaye, car seuls les seigneurs pouvaient en posséder. Mais, en modifiant leur manière de gérer leur domaine, les moines, qui encaissaient dès lors la dîme de leurs paysans, accédèrent eux aussi au titre seigneurial, raison supplémentaire, sans doute, pour que leur corps de logis, à la façade plus complexe, ait à ce point l’aspect d’un château. L’entrée se trouve en dehors de la cour, devant les jardins. Certains font le détour jusqu’à Valloires, non pas pour l’abbaye, mais pour le poirier tricentenaire, quasi collé au mur de l’un des deux avant-postes (celui de gauche), tel un monument végétal qui rajoute à l’intérêt du parc, l’ancien potager des moines, complètement réaménagé. Une fois à l’intérieur de l’élégante bâtisse, ses fonctions d’abbaye ne laissent plus aucun doute. La salle capitulaire compte deux portes, l’une côté intérieur, destinée aux moines qui venaient quotidiennement y lire un chapitre de la Bible, l’autre côté cloître, marquant une limite que les convers ne pouvaient pas franchir. Car ces derniers ne jouissaient pas des mêmes droits et n’avaient donc pas « voix au chapitre » (d’où la célèbre expression…). En été, on ouvrait cependant ces portes-fenêtres pour qu’ils puissent tout au moins écouter la lecture… Le cloître, davantage fidèle à la volonté habituelle des cisterciens de prôner l’humilité, est entouré de quatre galeries et affiche beaucoup plus de simplicité que l’extérieur de l’abbaye. Au fil des siècles, l’ordre, comme celui des bénédictins, s’écartera de plus en plus des règles de saint Benoît, ce qui se traduira, entre autres, par une architecture de moins en moins sobre. Dans la « salle intermédiaire » (entre l’église et les chambres), un escalier file vers ce qui fut d’abord un dortoir collectif. A partir du 15e siècle, moines et convers eurent droit à des cellules individuelles, évidemment inégales en termes de confort et d’espace (certaines faisaient 35 à 40 m2), d’où la différence de tarif appliqué, aujourd’hui, aux chambres d’hôtes…
Le clou de la visite (uniquement guidée), c’est l’église, plusieurs fois détruite et reconstruite en style baroque, qui s’est, lui aussi, chargé au fil du temps. Le sol de marbre, le fabuleux orgue et ses 33 rangées de tuyaux, l’autel à la limite du rococo, avec ses marbres, ses ferronneries et ses dorures des 17e et 18e siècles, les statues chargées de symboles (que le guide vous expliquera dans tous les détails…) retrouvées après la Révolution (ce qui explique qu’on ne les a pas toutes replacées au bon endroit…)…, tout cela impressionne, même si l’on n’est pas fan de ce type de décor. Et puis, il y a les découvertes insolites, tel ce petit cupidon, yeux bandés et zizi à l’air (ce qui nous fixe sur le sexe des anges, habituellement vêtus d’un pudique morceau de drap ou d’une sorte de caleçon), à gauche du buffet d’orgues. Ou encore ces deux anges kitsch de papier mâché, qui semblent pourtant faits de plâtre ou de pierre, accrochés au plafond, au-dessus de l’autel. Ils faisaient partie de toute une mise en scène destinée à impressionner les ouailles, car, ici, le ciboire ne se sortait pas du tabernacle, mais descendait d’un palmier que les anges paraissaient retenir, puis remonter ensuite. Amusant… modestes «des convers», installées côté cloître ou sous les combles du 2e étage. Ici, il n’y a pas vraiment de réception, mais tout au plus un bureau d’accueil installé dans la cour d’honneur, en forme de fer à cheval, que l’on découvre une fois franchies les grilles de l’entrée. Il n’y a pas davantage de personnel à disposition et, une fois installé dans son confortable logement, on n’a donc plus qu’à profiter de la sérénité des lieux et à participer à l’une des visites quotidiennes de l’abbaye, l’unique moyen pour découvrir la petite histoire des lieux et des tas de détails souvent insolites. Le bâtiment central de l’abbaye fait face à l’entrée de la cour d’honneur, mais présente une façade différente de celle qui regarde les jardins. Cette annexe en pierre calcaire à l’aspect on ne peut plus sobre et classique fut ajoutée au 18e siècle et était destinée à l’abbé, qui se coupa alors de sa communauté monastique et s’offrit ses propres quartiers, qui eurent, eux aussi, droit au décor lambrissé sculpté et autres ornements conçus par Pfaff. Le prélat, qui recevait du beau monde, se devait, en effet, d’accueillir ses hôtes dans un « Grand salon » prestigieux, quasi inchangé depuis l’époque. Hormis le beau colombier rond, qui remonte au 16e siècle, toutes les constructions qui entourent la cour datent du 18e siècle. La présence d’un colombier est rare dans une abbaye, car seuls les seigneurs pouvaient en posséder. Mais, en modifiant leur manière de gérer leur domaine, les moines, qui encaissaient dès lors la dîme de leurs paysans, accédèrent eux aussi au titre seigneurial, raison supplémentaire, sans doute, pour que leur corps de logis, à la façade plus complexe, ait à ce point l’aspect d’un château. L’entrée se trouve en dehors de la cour, devant les jardins. Certains font le détour jusqu’à Valloires, non pas pour l’abbaye, mais pour le poirier tricentenaire, quasi collé au mur de l’un des deux avant-postes (celui de gauche), tel un monument végétal qui rajoute à l’intérêt du parc, l’ancien potager des moines, complètement réaménagé. Une fois à l’intérieur de l’élégante bâtisse, ses fonctions d’abbaye ne laissent plus aucun doute. La salle capitulaire compte deux portes, l’une côté intérieur, destinée aux moines qui venaient quotidiennement y lire un chapitre de la Bible, l’autre côté cloître, marquant une limite que les convers ne pouvaient pas franchir. Car ces derniers ne jouissaient pas des mêmes droits et n’avaient donc pas « voix au chapitre » (d’où la célèbre expression…). En été, on ouvrait cependant ces portes-fenêtres pour qu’ils puissent tout au moins écouter la lecture… Le cloître, davantage fidèle à la volonté habituelle des cisterciens de prôner l’humilité, est entouré de quatre galeries et affiche beaucoup plus de simplicité que l’extérieur de l’abbaye. Au fil des siècles, l’ordre, comme celui des bénédictins, s’écartera de plus en plus des règles de saint Benoît, ce qui se traduira, entre autres, par une architecture de moins en moins sobre. Dans la « salle intermédiaire » (entre l’église et les chambres), un escalier file vers ce qui fut d’abord un dortoir collectif. A partir du 15e siècle, moines et convers eurent droit à des cellules individuelles, évidemment inégales en termes de confort et d’espace (certaines faisaient 35 à 40 m2), d’où la différence de tarif appliqué, aujourd’hui, aux chambres d’hôtes… Le clou de la visite (uniquement guidée), c’est l’église, plusieurs fois détruite et reconstruite en style baroque, qui s’est, lui aussi, chargé au fil du temps. Le sol de marbre, le fabuleux orgue et ses 33 rangées de tuyaux, l’autel à la limite du rococo, avec ses marbres, ses ferronneries et ses dorures des 17e et 18e siècles, les statues chargées de symboles (que le guide vous expliquera dans tous les détails…) retrouvées après la Révolution (ce qui explique qu’on ne les a pas toutes replacées au bon endroit…)…, tout cela impressionne, même si l’on n’est pas fan de ce type de décor. Et puis, il y a les découvertes insolites, tel ce petit cupidon, yeux bandés et zizi à l’air (ce qui nous fixe sur le sexe des anges, habituellement vêtus d’un pudique morceau de drap ou d’une sorte de caleçon), à gauche du buffet d’orgues. Ou encore ces deux anges kitsch de papier mâché, qui semblent pourtant faits de plâtre ou de pierre, accrochés au plafond, au-dessus de l’autel. Ils faisaient partie de toute une mise en scène destinée à impressionner les ouailles, car, ici, le ciboire ne se sortait pas du tabernacle, mais descendait d’un palmier que les anges paraissaient retenir, puis remonter ensuite. Amusant… ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() |
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| Mise à jour le Jeudi, 14 Octobre 2010 11:58 |
















